Voici un billet donc l’objectif initial était juste de diffuser deux trois exemples d’enregistrements réalisés avec un enregistreur audio numérique récemment acquis.
 Puis, au fur et à mesure que je découvrais le matériel, je me suis décidé à en réaliser un plus grand nombre. De nombreuses personnes, photographes, vidéastes, artistes cherchent à acquérir du matériel pour enregistrer des sons, des interviews, etc.
 De nombreux photographes, vidéastes, artistes sont fauchés et cherchent des solutions économiquement envisageables sans vendre le rein du chat sur leboncoin.fr.

Lors de précédents projets en 2008 et en 2010 j’avais emporté dans mon sac un enregistreur Zoom H2 qu’on m’avait prêté. Cet enregistreur est d’un très bon rapport qualité-prix mais sur le terrain, un détail le rend très désagréable, son autonomie. En effet, à peine deux heures d’enregistrement et il faut déjà changer les batteries ; quand on travaille avec des piles rechargeables, l’autonomie est encore plus réduite.
 Au final, c’est assez inconfortable et pénible, car j’avais en permanence la crainte de tomber en rade en pleine interview. Sitôt rentré à mon hébergement il fallait commencer la longue rotation des accus dans le chargeur.
 À la fois pour des raisons de budget et parce que son autonomie était annoncée comme bien supérieure, j’ai choisi d’acquérir le nouveau Zoom H1.
J’ai passé pas mal de temps à parcourir les forums, lire les avis, voir et écouter des vidéos et des fichiers audio avant de me décider. C’est pendant ces recherches que j’ai découvert le micro-cravate d’Audio Technica, le modèle ATR 3350, modèle économique annoncé comme plutôt performant pour son prix.
L’idée est de coupler ce micro lavalier au Zoom H1, de cacher ce dernier facilement sur la personne interviewée. En procédant ainsi, plus besoin d’investir dans un modèle de transmission HF (de plus, sur un Canon 7D nous verrons plus tard que ça ne serait pas un choix pertinent).
Une fois décidé, j’ai commandé l’ensemble, le Zoom H1, le kit optionnel et le micro lavalier et sa rycote pour un total d’un peu plus de 150 €.
Le kit optionnel comprend une house avec passant de ceinture, une poignée, un mini tripod de construction légère, mais ça devrait suffire, d’une bonnette en mousse. Il me faudra compléter ce kit d’une rycote pour le Zoom H1, je pense la faire moi même.

Le petit ensemble Zoom, avec le kit optionnel

Le petit ensemble Zoom, avec le kit optionnel

Le colis est arrivé rapidement.
La bonne surprise fut la finition du Zoom H1 ; j’avais lu tellement de commentaires négatifs sur la piètre qualité du plastique que je m’attendais à un truc construit avec des chutes de tableau de bord de Fuego… 
Si on n’arrive pas à la qualité de construction d’un Nagra, le Zoom H1 est dans la lignée du Zoom H2, du plastique, simple, mais qui semble résistant.
 L’appareil est léger, est d’une préhension facile, il n’est pas encombrant avec son format allongé.
 Les deux capsules croisées sont bien protégées et sauf à vraiment le chercher, on ne les touche pas quand on manipule l’appareil.

Les deux micros croisé et le petit écran rétro éclairé

Les deux micros croisés et le petit écran rétro éclairé

Le Zoom H1 permet d’enregistrer en Wav ou en Mp3.
Un petit bouton au dos de l’appareil permet de choisir le format désiré.
Sur la carte de 2 Go livrée avec l’appareil, on peut enregistrer les durées suivantes :

En format Wav (Khz/bit)

  • 44/16 : 3 h 10 min
  • 44/24 : 2 h 06 min
  • 48/16 : 2 h 54 min
  • 48/24 : 1 h 56 min
  • 96/16 : 1 h 27 min
  • 96/24 : 58 min

En format Mp3 (kbps)

  • 48 : 93 h 04 min
  • 56 : 79 h 46 min
  • 64 : 69 h 48 min
  • 80 : 55 h 50 min
  • 96 : 46 h 32 min
  • 112 : 39 h 53 min
  • 128 : 34 h 54 min
  • 160 : 27 h 55 min (à partir de là ça commence à devenir intéressant)
  • 192 : 23 h 16 min
  • 224 : 19 h 56 min
  • 256 : 17 h 27 min
  • 320 : 13 : 57 min
Au dos de l'enregistreur, les boutons des quelques options de réglages et le pas de vis pour fixer sur le petit tripod

Au dos de l'enregistreur, les boutons des quelques options de réglages et le pas de vis pour fixer sur le petit tripod

À côté du bouton permettant de choisir le format, deux autres boutons :

  • Auto Level On / Off pour choisir si on veut régler manuellement le niveau d’entrée ou si on laisse l’appareil gérer ça tout seul
  • Lo Cut On / Off qui est le filtre coupe bas

Sur la tranche droite :

  • Le branchement du câble USB
  • Le bouton de démarrage
  • Un bouton pour supprimer les fichiers
  • Les boutons de lecture qui permet aussi de mettre des marqueurs pendant l’enregistrement. Le bouton a un petit picot permettant de le retrouver facilement sous le doigt sans regarder l’appareil
  • Ensuite viennent les boutons pour le niveau d’entrée du signal (inutile si réglé sur autolevel) puis l’entrée audio au format mini jack.

De l’autre côté

  • L’accès à la carte mini SD (livré avec un adaptateur SD), le réglage de volume de sortie et la prise de sortie audio également au format mini jack.

Sur la façade

  • Un gros bouton pour démarrer l’enregistrement, un écran et un petit led rouge qui s’allume quand on enregistre et qui clignote quand le niveau sature. C’est très simple.

Au cul de l’appareil, un mini haut-parleur, à l’usage assez anecdotique, car le son n’est pas top et de toute façon, comme il est vraiment recommandé de contrôler les niveaux avec un casque (j’utilise un casque intra auriculaire) autant écouter ses enregistrements avec.

À l’usage l’appareil est très agréable et simple à utiliser, mais si on l’utilise sans y brancher un micro externe l’appareil est très très sensible aux bruits de manipulation, encore plus que le Zoom H2.
Et en utilisant la poignée optionnelle livrée avec le kit (j’ai oublié de la photographier), ça ne change rien.
Il faut donc être très vigilant si on souhaite l’utiliser comme un micro de reportage. Je ne recommande pas vraiment cet usage, autant y brancher un petit micro filaire mieux isolé des bruits de manipulation et utiliser le Zoom H1 comme simple enregistreur.

Par contre, posé dans un coin de salle, sur la table voisine lors d’une interview, le micro marche très bien.
Il est forcément possible de faire mieux, mais je ne suis pas ingé son et cet appareil m’offre une autonomie de travail très confortable tout en produisant un son réellement audible (oui je sais, un ingé son, un Nagra, un Schoeps, gnagnagna…).
Contrairement au H2 qui a 4 micros, le Zoom H1 ne permet pas de choisir dans quelle direction on souhaite enregistrer (surround, par l’arrière ou l’avant de l’appareil). Là c’est stéréo, on règle la sensibilité et rien de plus.

Pour récupérer les fichiers audio, deux options, sortir la carte du Zoom H1 ou brancher l’appareil via le câble USB à sa machine.

Le micro lavalier ATR 3350 se compose d’une petite capsule, d’un petit corps en alu qui contient un peu d’électronique, d’une pile (fournie) et de fil, de beaucoup de fil (6 mètres).
Une petite pince est également livrée avec le micro pour le fixer facilement sur les vêtements.

Le micro cravate ATR 3350 sans sa rycote optionnelle

Le micro cravate ATR 3350 sans sa rycote optionnelle

Une petite patte fixée sur le boîtier d’alimentation permet également de le fixer facilement à une poche, ceinture, etc.

Le petit boitier d'alimentation du miro ATR 3350

Le petit boitier d'alimentation du miro ATR 3350

J’ai acheté en complément une petite rycote pour limiter les bruits parasites provoqués par le vent.

Le micro cravate ATR 3350 fixé sur sa pince et avec sa petite rycote

Le micro cravate ATR 3350 fixé sur sa pince et avec sa petite rycote

Le micro est très simple à mettre en œuvre, on le fixe, on le branche et on pense à allumer l’alimentation. Je me suis fait avoir deux ou trois fois, il faut vraiment prendre l’habitude de contrôler l’audio au casque, on se rend alors tout de suite compte de l’oubli (ce contrôle est impossible si on branche le lavalier sur le 7D, mais comme le son n’est pas terrible, autant éviter cette solution).
Ensuite, il y a ce fil… L’idée généreuse était probablement de permettre de filmer quelqu’un à quelques mètres de la caméra tout en ayant le micro branché sur celle-ci.
Mais dans mon cas, en utilisant un enregistreur indépendant, tout ce fil m’encombre. J’aurai préféré avoir un fil plus court et qu’on me fournisse une éventuelle rallonge comme c’est le cas avec les micros Røde. Du coup j’hésite un peu à jouer du fer à souder pour le raccourcir…

Le micro cravate ATR 3350 et des kilomètres de fil

Le micro cravate ATR 3350 et des kilomètres de fil

Une fois branché sur le H1, on enregistre sur une des deux pistes du signal stéréo, il y aura donc une petite manip dans le logiciel audio à faire pour être en mono. Par contre, il doit être possible via un adaptateur 2 entrées mono > 1 sortie stéréo d’enregistrer deux micros cravate en simultané ; dans le cas d’une interview (immobile) cette solution peut être intéressante.
Voici différents enregistrements réalisés dans mon bureau ou au bord d’une route assez bruyante. 
En intérieur on peut parfois entendre le bruit de mes disques durs et leurs vibrations transmises via le plateau de mon bureau. On entend aussi parfois mes enfants qui jouent dehors.
Comme texte de référence, j’ai choisi celui de l’expo Goldblatt à la fondation HCB, parce qu’il me plaît et qu’il traînait à côté de l’ordinateur.

Prise de son en intérieur dans un milieu calme
Zoom H1

Zoom H1 niveau 50

Zoom H1 niveau 70

Zoom H1 niveau automatique

Zoom H1 Après une normalisation

Zoom H1 niveau 50 normalisation dans Soundtrack Pro

Zoom H1 niveau 70 normalisation dans Soundtrack Pro

Zoom H1 niveau automatique normalisation dans Soundtrack Pro

Micro cravate ATR 3350 branché sur le Zoom H1

Micro ATR 3350 sur Zoom H1 niveau 50

Micro ATR 3350 sur Zoom H1 niveau 70

Micro ATR 3350 sur Zoom H1 niveau automatique

Micro cravate ATR 3350 branché sur le Zoom H1 après normalisation

Micro ATR 3350 sur Zoom H1 niveau 50 normalisation dans Soundtrack Pro

Micro ATR 3350 sur Zoom H1 niveau 70 normalisation dans Soundtrack Pro

Micro ATR 3350 sur Zoom H1 autolevel normalisation dans Soundtrack Pro

Canon 7D


Prise de son en extérieur sur le bord d’une route, un jour de pluie, les voitures passent à un mètre ou deux
Zoom H1

Zoom H1 niveau 50

Zoom H1 niveau 70

Zoom H1 niveau automatique

Zoom H1 Après une normalisation

Zoom H1 niveau 50 normalisation dans Soundtrack Pro

Zoom H1 niveau 70 normalisation dans Soundtrack Pro

Zoom H1 niveau automatique normalisation dans Soundtrack Pro

Micro cravate ATR 3350 branché sur le Zoom H1

Micro ATR 3350 sur Zoom H1 niveau 50

Micro ATR 3350 sur Zoom H1 niveau 70

Micro ATR 3350 sur Zoom H1 niveau automatique

Micro cravate ATR 3350 branché sur le Zoom H1 après normalisation

Micro ATR 3350 sur Zoom H1 niveau 50 normalisation dans Soundtrack Pro

Micro ATR 3350 sur Zoom H1 niveau 70 normalisation dans Soundtrack Pro

Micro ATR 3350 sur Zoom H1 niveau automatique normalisation dans Soundtrack Pro

Canon 7D

Micro intégré du Canon 7D

Micro ATR 3350 sur Canon 7D

 

Après avoir réalisé tous ces enregistrements, une conclusion rapide, l’autolevel marche quand même plutôt bien sur le Zoom H1 aussi bien avec ses propres micros qu’avec le lavalier.
 En condition bruyante, le micro-cravate isole un peu mieux du bruit, mais un réglage de sa sensibilité serait un atout.

Le Canon 7D n’offre pas de réglage du son (le 5D le permet, il me semble) et pratique un autolevel excessif et on arrive très souvent à saturation. Brancher un micro HF sur le 7D n’aurait pas trop de sens, car le signal serait automatiquement normalisé à l’excès. Autant garder ses sous pour voyager et faire une synchro du son en post-prod, c’est très simple et rapide, j’y reviendrai probablement dans un prochain billet.

Alors, satisfait ou pas ?

Oui, je le suis, sans me prendre pour Alan Parson j’ai l’impression que j’ai le moyen de capter un son exploitable à même d’enrichir mes réalisations.

Les plus :
  • Le rapport qualité-prix
  • La qualité des fichiers audio obtenu sans vraiment être hyper callé en son
  • Le poids
  • L’encombrement
  • Le petit guide de prise en main clair et bien illustré
  • L’autonomie (après tous ces tests, et de nombreux autres non publiés, j’utilise toujours la même pile LR6 fournie et l’appareil m’indique toujours 3 barres / 3 en autonomie).
Les moins :
  • Pas de mode micro USB comme sur le Zoom H2, très pratique pour enregistrer des voix off directement dans le logiciel de montage.
  • Pas de possibilité de régler la sensibilité du micro-cravate en squelch et sensit comme un HF Senheisser.
  • La sensibilité aux bruits de manipulation